la location saisonnière à Dinard
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À Dinard, la location saisonnière est devenue en quelques années un véritable levier de valorisation patrimoniale, mais le jeu s’est clairement complexifié. Longtemps portée par un marché touristique très dynamique et des plateformes comme Airbnb ou Booking, elle a offert des niveaux de rentabilité très attractifs, souvent supérieurs à ceux de la location à l’année, avec des rendements bruts pouvant atteindre 5 à 8% et des pics de revenus impressionnants en haute saison pour les biens bien situés, notamment avec vue mer. Mais ce potentiel s’accompagne aujourd’hui d’un encadrement juridique et fiscal beaucoup plus strict, que tout propriétaire doit désormais intégrer dès la réflexion du projet.
Sur le plan réglementaire, le changement est profond. La multiplication des meublés de tourisme a poussé les communes littorales à reprendre la main, à l’image de Saint‑Malo qui a instauré des quotas de meublés touristiques par quartier et un régime d’autorisation de changement d’usage, désormais validés par le juge administratif. Dans le même temps, la loi Le Meur, entrée en vigueur fin 2024 et déclinée pleinement à partir de 2025‑2026, renforce les pouvoirs des maires et encadre davantage la location courte durée : possibilité de limiter le nombre de meublés, d’imposer des compensations, de réduire le nombre de jours de location des résidences principales et d’alourdir les sanctions en cas de non‑respect. À l’échelle locale, Saint‑Malo et son bassin de vie servent clairement de laboratoire : ce qui s’y applique irrigue progressivement les communes voisines et donne le ton de ce qui attend les propriétaires dans les zones touristiques comme Dinard.
Dans ce nouveau contexte, les bonnes pratiques ont changé de nature : il ne suffit plus d’avoir un beau bien et de belles photos pour « que ça tourne ». La première exigence est désormais la conformité : déclaration du meublé de tourisme, obtention si nécessaire d’une autorisation de changement d’usage, enregistrement et numéro obligatoire sur les annonces, vérification du règlement de copropriété qui peut désormais restreindre ou interdire la location touristique à une majorité des deux tiers. La seconde clé, c’est la professionnalisation de la gestion : tarification ajustée à la saison, sélection rigoureuse des locataires, gestion des avis en ligne, qualité irréprochable du ménage et de l’état du logement, transparence sur la fiscalité et les charges pour calculer une rentabilité nette réaliste.
En réalité, la location saisonnière à Dinard reste une stratégie pertinente, mais elle n’est plus un « placement facile ». Elle s’adresse désormais à des propriétaires prêts à jouer selon des règles plus strictes, à piloter leur bien comme une petite entreprise et à anticiper l’évolution du cadre légal plutôt que la subir. Pour ceux qui acceptent cette nouvelle donne, la demande touristique reste forte, la valeur d’adresse de Dinard reste un atout, et la rentabilité peut demeurer au rendez‑vous, à condition d’être irréprochable sur la conformité et exigeant sur la qualité de l’expérience proposée aux voyageurs.