Les architectes de Dinard
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Nichée sur la Côte d’Émeraude, Dinard doit une grande partie de son charme à son architecture balnéaire, riche de villas et de lieux de sociabilité qui ont façonné l’identité de la station.
Entre la fin du XIXᵉ siècle et la première moitié du XXᵉ siècle, ce sont surtout des architectes de renom, parfois venus de loin, qui ont tracé les lignes de ce paysage, entre élégance néo‑classique, fantaisie éclectique et modernité Art déco. Leur travail explique pourquoi Dinard reste aujourd’hui une station balnéaire encore très lisible, protégée et désirée, à la fois musée à ciel ouvert et cadre de vie haut de gamme.
L’architecte briochin Alexandre Angier est l’un des artisans majeurs de l’âge d’or balnéaire dinardais. Il a signé plusieurs grandes villas de la fin du XIXᵉ siècle, souvent dans un style néo‑Louis XIII, reconnaissables à leurs encadrements de pierre, leurs tours d’escalier, leurs lucarnes ornées et l’ensemble très soigné des compositions. Ses réalisations incarnent ce mélange de prestige et de confort destiné à une clientèle aristocratique ou fortunée, qui venait passer l’été sur la plage de l’Écluse ou au bord de la grande plage.
L’architecte parisien Alphonse Conin marque une autre facette de cette histoire avec la villa dite « Reine Hortense », un exemple rare de villa palladienne à Dinard. Datée de la toute fin du XIXᵉ siècle, elle s’impose par sa symétrie, sa sobriété élégante et son inspiration antique, un peu à l’écart de l’éclectisme très flamboyant de nombreux voisins. Ce choix volontairement classique montre combien la station accueille aussi bien les architectes de commande venus de Paris que les propriétaires internationaux, qui cherchent moins la fantaisie que l’affirmation discrète d’un statut social.
C’est surtout avec Marcel Oudin que Dinard bascule dans une modernité plus structurée. Architecte parisien et propriétaire d’une villa à la Fourberie, il sera à l’origine de la Galerie Hôtel (1927), du club‑house du Dinard Golf et de la modernisation de plusieurs grands hôtels de la station (Michelet, La Rotonde, La Potinière, Casanova…). Ses réalisations Art déco introduisent des volumes en gradins, des lignes plus nettes et un confort pensé pour la sociabilité nouvelle de l’entre‑deux‑guerres, transformant la station balnéaire en destination de loisirs sophistiquée.
Enfin, derrière ces grands noms, se cache un ensemble de maîtres d’œuvre et d’entrepreneurs locaux qui ont multiplié les villas pittoresques, éclectiques et parfois très originales, souvent restées sans signature identifiée. Ensemble, ces architectes ont fait de Dinard une véritable palette d’architecture balnéaire, où chaque quartier raconte une étape de l’évolution de la station : de la villégiature aristocratique discrète aux hôtels et lieux de vie sociale modernes. C’est cette continuité entre passé et présent qui continue de séduire aujourd’hui les amoureux de belles pierres et de vie au bord de la mer.